Concert à la Maison Lismonde

Les franciscains, dès la fondation de l’ordre au 13ème siècle ont composé des chants liturgiques pour eux mais aussi pour les confréries qui « regroupaient des laïcs au service des actions rituelles, sociales et caritatives »

Les membres des confréries ont également composé leurs propres chants.
A la table des matières d’un livre de partitions édité en 1649 par les franciscains de la province de Gênes, sous le terme « A più voci », littéralement « A plusieurs voix », sont mentionnés quelques chants destinés à être exécutés en falsobordone. Nous avons nommé notre ensemble A Più Voci en référence à ce livre.
Les pièces italiennes jouées par Myriam Pire au luth et au théorbe sont contemporaines de l’âge d’or du falsobordone. Ce style de chant, « à la lisière du style savant et du chant populaire », pourrait être comparé au chant byzantin où toutes les voix, de même que les paroles, sont en concordance rythmique, ce qui permet une excellente compréhension du texte. Dans le chant byzantin, la voix principale est la plus aiguë tandis que dans le falsobordone, elle se situe bien souvent au ténor et est ainsi entourée par les autres voix. Ce terme ténor provient de la polyphonie médiévale où il était nommé teneur, dénomination qui détermine clairement son rôle.
Un autre genre de chant était exécuté par les franciscains et les confréries : le canto fratto, sorte de plain-chant rythmé, davantage mélismatique, auquel d’autres voix peuvent s’ajouter en se croisant parfois. Le canto fratto partage avec le falsobordone la même caractéristique de concordance rythmique. « Les partitions qui nous sont parvenues de ces chants façonnés aux 16e et 17e siècles peuvent être considérées comme des canevas autour desquels les chantres improvisaient selon des codes bien établis.» Les chants des traditions orales encore vivantes aujourd’hui puisent leurs racines dans ces répertoires.
Les partitions imprimées nous ont été offertes par le Professeur Ignazio Macchiarella de l’Université de Cagliari. Depuis bientôt vingt ans, nous effectuons également des recherches de partitions manuscrites dans les bibliothèques franciscaines d’Italie et de Corse. La messe La Caterina a été reconstituée par Catherine Delahaye et nous-mêmes à partir d’un Requiem de Calacuccia (Corse) et d’une messe incomplète de La Verna (Italie). Ghjuvan Stefanu Langianni, chanteur de tradition orale, a pour sa part ajouté la voix supérieure. Cette messe « sur mesure » s’inscrit dans la tradition franciscaine comme aujourd’hui le savoir faire traditionnel irrigue de nouvelles compositions, principalement en Corse et en Sardaigne.

 

Myriam Pire
Archiluth – Théorbe

Pièces italiennes des 16e et 17e siècles

Myriam Pire débute la musique avec la guitare. Elle fréquentera les Humanités Artistiques puis le Conservatoire Royal de Liège et enfin, le Conservatorium Maastricht, où elle obtient un Master of Performance en 2011 dans la classe de Carlo Marchione. Entre temps, elle est lauréate de plusieurs concours nationaux ou internationaux et se perfectionne lors de master classes avec, entre autres, Leo Brouwer, Zoran Dukic, Johan Fostier, Atanas Ourkouzounov, Alberto Ponce, Raphaëlla Smits, Luc Vander Borght,…
Elle fonde également “duoAzart” avec la violoniste Noémi Tiercet, duo qui se produit en concert en Belgique, en France, en Italie et à Monaco.
En 2008, Myriam commence la musique ancienne avec Vincent Dumestre, lors d’une master classe, puis entre en 2012 dans la classe de Nicolas Achten au Conservatoire Royal de Bruxelles. Sous son impulsion, elle commence à multiplier les instruments : archiluth, théorbe, guitare baroque, tiorbino, et enfin luth renaissance.
En tant que luthiste, elle fait partie du jeune ensemble “Dolci Zefiri”.
Archiluth : François Bodart 1984 – Théorbe : Bert Claudius 1997

Laisser un commentaire