C’était cela, en effet, l’essence du falsobordone, pratique de très grande importance dans les vicissitudes de l’histoire de la musique, à la base du développement de l’harmonie tonale occidentale bien qu’habituellement négligée dans les études de la pseudo grande musique
Dérivé de la pratique de l’oralité, le falsobordone, dans ses rares traces écrites, était constitué d’une sorte de canevas, confié à la passion et à la compétence de ceux qui l’exécutaient, le modifiant et le psalmodiant selon leurs propres choix esthétiques et nécessités expressives, en faisant les adaptations nécessaires, plus ou moins comme le chœur A Più Voci le fait pour chanter le falsobordone dans ce disque. Autrefois, les chanteurs reproposaient et réélaboraient considérablement le canevas d’origine, un peu comme on l’entend dans les chants « Gustate et Videte » & « Gloria ».
Vous entendrez une sélection significative de falsobordone allant du début du XVIe siècle jusqu’au XXIe siècle.

Concernant le canto fratto, nous pouvons dire à peu près les même choses : il s’agit de la manifestation d’un savoir faire de la musique d’une extrème importance dans l’héritage du culte religieux chrétien comme pratique exécutive d’usage commun, malléable et donc adaptable aux plus diverses intentionnalités expressives.
Il en va de même pour les chants en rapport avec les traditions orales, comme le magnifique « Lamentu à Ghjesù », construit sur la base d’une réélaboration de Nando Acquaviva, Toni Casalonga et Roccu Mambrini, sur des modèles musicaux diffusés en Corse.

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